Une révolution à la Poste

Une révolution à la Poste

Une révolution à la poste !

Décembre 2019 : un colis m’attend à la poste. J’y arrive à l’ouverture de l’après-midi. L’étroit couloir qui mène au seul agent de service est déjà bien peuplé  mais l’espace de confidentialité est respecté. Le silence qui règne parmi les clients permet quand même d’entendre que l’employée dialogue  avec une cliente dont le bébé, assis dans sa poussette, ne tardera pas à appeler vigoureusement (et tout au long de la conversation) sa mère qui se trouve, certes juste à côté de lui, mais n’est plus à son entière disposition.

Puis c’est le tour d’un client qui vient réexpédier 2 colis qui ne lui conviennent pas : s’ensuivent le scan des documents, les coups de tampon, le remballage d’un des colis dont le renvoi n’est pas pris en charge, l’encaissement de la somme due pour le renvoi.

Puis, c’est une lettre recommandée qu’une cliente vient confier à l’employée.

Et mon tour arrive pour récupérer un colis en souffrance depuis 2 jours. Il doit être retrouvé dans un monceau de paquets plus ou moins volumineux ; ma carte d’identité est prête ……la transaction dure une minute.

Je remonte l’étroit couloir ; il est saturé cette fois ; je me retourne : 10 clients sont là ! L’employée est toujours seule. Bon courage ! Quand j’était proche d’elle quelques instants plus tôt, j’ai pu observer son calme et son efficacité. Elle ne s’est jamais départie de son sourire durant toute ces manipulations, passant d’une procédure à une autre…….sous l’œil des clients toujours silencieux certes, mais dont on ne sait si ce silence révèle une impatience contenue ou un recueillement collectif devant un rite dont seuls, peut-être, les anthropologues sauront décrypter le sens dans quelques siècles.

Quand j’étais gamin, dans les années 60 et dans une autre ville, aller « au bureau de poste », était une corvée. On se retrouvait devant 4 ou 5 guichets, où un hygiaphone protégeait un monsieur ou une dame sévère, surtout si on n’était pas devant le bon service : ce qui nous valait un tonitruant «  les timbres c’est pas ici. Veuillez-vous adresser à mon collègue : guichet 3 »  Ce  qui signifiait « Savez pas lire ? Allez refaire la queue ailleurs !»

C’était l’époque des PTT : « Poste, Télégraphes, et Télécommunications ». Ce que le public, envieux ou aigri  traduisait par « Petit Travail Tranquille »

La Poste aura réussi cette révolution : elle n’est plus un PTT !!!!

 

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